La première clope sur le balcon. La première clope, toute seule, depuis trois semaines.
J'ai l'impression que la fumée que je recrache, c'est la fumée de tout mes souvenirs.
Et pourtant j'ai essayé de m'y faire, un peu plus tout les jours, de cette vérité cuisante: le temps passe. Je vis déja dans le passé.
Il est 3 heures du matin, et je n'arrive toujours pas à dormir.
Là bas il est 9 heures. Dans ma tête aussi, il est 9 heures.
Je tape du pied en pensant aux lambeaux du voyage, avec dans la tête, les dernières mélodies que j'ai écrite sur des converses qui ne sont pas les miennes.
La clope continue de se consummer tandis que la tristesse se transforme en mélancolie; celle de marcher toute seule dans un aéroport vide, avec un sac bien trop lourd et mes seules larmes pour le porter.
Je me suis tournée vers le futur, et j'ai vu l'avenir avec des yeux candides emprunts d'optimisme.
Et ces yeux-là, que j'ai ouvert sur mon balcon, n'ont remarqué une seule chose: dans ce ciel là, il n'y avait pas d'étoiles.